Les clochards célestes (Jack Kerouac)

kerouac

Date de publication originale / Dans cette édition : 1958 / 1974

Langue originale : Anglais (Etats-Unis)

Maison d’édition : Folio

Nombre de pages : 384

Quatrième de couverture : «Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L’omnibus qui m’emportait me permettrait d’arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain matin, un autre omnibus m’emmènerait jusqu’à San Luis Obispo, ou bien le rapide de marchandises me déposerait à San Francisco à sept heures du soir.»

Après avoir terminé Personnages Secondaires, j’ai eu, en toute logique, envie de me lire un roman de Kerouac encore dans ma PAL : mon choix s’est porté sur Les Clochards Célestes, qu’il a beaucoup apprécié écrire, selon Joyce Johnson justement, mais auquel on a reproché d’être trop consensuel.

Et je suis malheureusement plutôt d’accord avec la critique : l’esprit de liberté, de vagabondage, de vie au jour le jour est certes toujours présent – à quoi s’ajoutent des considérations parfois philosophiques sur la vie, l’amour, la spiritualité… -, mais la folie dans l’écriture a tout bonnement disparu. Elle est bien loin la narration désordonnée, mimant à tambour battant les errances de Sal/Kerouac et de Dean/Cassady, laissant de la place à la spontanéité de l’imagination. Ici, tout semble mûrement pesé, réfléchi, écrit de manière très académique, même lorsque sont décrites des scènes hallucinantes, comme lorsque Ray/Kerouac part en périple montagnard avec deux compères rencontrés à San-Francisco peu de temps auparavant, alors qu’il fait particulièrement froid et qu’ils sont pas forcément bien équipés pour ce genre d’aventures…

Roman que j’ai trouvé très agréable à lire, Les Clochards célestes reste malgré tout une déception car j’ai eu du mal à ne pas retrouver la saveur habituelle de la plume de Kerouac. Pas que je n’aime pas l’écriture académique, bien au contraire, mais disons que j’ai trouvé ce que je lisais assez commun sans cette touche qui fait, pour moi, la patte de son auteur.

Personnages secondaires (Joyce Johnson)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 1984 / 2016
Langue originale : Anglais (Etats-Unis)
Maison d’édition : Cambourakis
Nombre de pages : 256
Quatrième de couverture :  » Kerouac raconté par celle qui partageait sa vie au moment où il rencontra le succès. Étudiante issue de la classe bourgeoise de Manhattan ouest, Joyce Johnson fait la rencontre d’Allen Ginsberg qui l’introduit dans le milieu Beat, puis de Jack Kerouac dont elle devient la maîtresse. À la fois candide et fine observatrice, elle assiste à ses frasques, fréquente Neal Cassady et sa femme Carolyn, attend avec lui la publication de Sur la route et le verra, impuissante, courir à sa perte, grisé par le succès. « 

Quand j’ai entendu parler de cette autobiographie, j’avoue que je me suis dit : « Chic ! Enfin un témoignage extérieur sur Kerouac permettant de prendre le contrepied de ses romans s’inspirant grandement de sa vie ! « 

Et bien non… Personnages secondaires est bien un témoignage sur Kerouac, mais comme le dit son titre, bien plus que sa quatrième de couverture, à des années-lumière du bonhomme, puisque Joyce reste à New York pendant que son amant parcourt les Etats-Unis, le Mexique, Tanger, Paris… en lui envoyant par ci par là des lettres. Relation épistolaire donc, et plus qu’épisodique, que la jeune femme a bien du mal à assumer, se voyant bien se marier avec lui, et pourquoi pas cohabiter avec « Mémère » (la mère de Kerouac, à laquelle il était très attaché), malgré son désir premier d’indépendance lorsqu’elle est brutalement partie de chez ses parents.

Nous pourrions ainsi avoir l’impression d’un témoignage-prétexte permettant à la jeune femme devenue mère de famille d’effectuer un bilan rétrospectif de sa vie, dans laquelle son amant de l’époque ne serait qu’un avatar parmi d’autres de son existence, passant à un moment bien précis pour finir par en disparaître définitivement. Mais nous sentons, tout au long de son récit, qu’il est là, omniprésent, même quand elle ne le connaît pas encore, même quand il est mort depuis longtemps… Comme si Joyce n’avait jamais pu ni tirer un trait sur l’avenir qu’elle rêvait avec lui, ni sur sa mort prématurée, bien que prévisible, vu sa consommation problématique d’alcool, qu’elle évoque d’ailleurs à plusieurs reprises.

Elle nous permet en effet, par cette présence / absence lancinante, d’avoir une autre image du chantre le plus médiatique de la Beat Generation, même si succincte et épisodique, loin de sa route chérie, au plus proche au contraire de son entourage new-yorkais, qui va devenir leur entourage, et qui là aussi donne tout son sens au titre : musiciens, peintres, éditeurs… qui gravitent autour de Kerouac, Ginsberg et consorts, créant une atmosphère propre au lieu, les quartiers artistiques de New York, et à l’époque, les années 50-60, qui reprend vie sous nos yeux.

Une autobiographie que j’ai trouvé touchante, plus en raison de la jeune femme qu’elle raconte qu’en raison de l’idole de la Beat Generation qu’elle tente de raconter, même si avec la plus grande sincérité et sensibilité possibles.

Le baobab de Stanley (Guillaume Jan)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 2009 / 2016
Maison d’édition : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 224
Quatrième de couverture :  »  L’hiver approche, la fille que j’aimais m’a quitté, j’ai un peu d’argent de côté et pas d’autre projet pour les mois à venir. Je console mon chagrin en relisant Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. « En Afrique, s’écrie Bardamu, son héros. Plus que ce sera loin, mieux ça vaudra. » Pourquoi pas y aller moi aussi ? J’ai besoin de me sentir vivre, de me sauver du quotidien, de colmater ma petite blessure avec de la poudre d’escampette. G. J.
Parti de Zanzibar, sur l’océan Indien, l’auteur met trois mois pour traverser le continent d’est en ouest. Il se déplace à pied, à moto, en pirogue, en taxi-brousse, en avion-stop, et nous entraîne à la rencontre des hommes et des femmes qui font l’Afrique contemporaine. En chemin, il découvre que sa route se confond avec celle de Stanley, le premier explorateur à avoir descendu le fleuve Congo en 1877. Un long siècle est passé, mais s’aventurer dans cette région du monde reste une expédition au cœur des ténèbres. « 

 

Le baobab de Stanley, de même que son auteur Guillaume Jan, m’étaient complètement inconnus avant que je ne les découvre dans la box livres à laquelle j’étais abonnée il y a encore peu.

J’ai trouvé sympathique de suivre les aventures, plus ou moins faciles et agréables, de notre auteur qui a décidé de tout plaquer du jour au lendemain pour partir en contrée sauvage africaine – en effet, une bonne partie de son voyage s’effectue, par choix, plus qu’hors des sentiers battus, parfois à son grand dam, car il a bien du mal à s’extirper de certaines situations critiques. Heureusement pour lui, tout finit toujours bien.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, ce sont toutes les idées reçues d’Occidental sur ce continent, ses habitants, sa culture, etc., que l’auteur se permet de reconnaître très sincèrement, et qui partent à vau-l’eau au fil de ses rencontres et échanges, pour en retirer sa propre vision de l’Afrique à la fin de son périple. Un vrai récit de voyage en somme, qui se lit très vite et très bien !

 

Les furies (Lauren Groff)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 2015 / 2017

Langue originale : Anglais (Etats-Unis)

Maison d’édition : L’Olivier

Nombre de pages : 426

Quatrième de couverture : « Le mariage est un tissu de mensonges. Gentils, pour la plupart. D’omissions. Si tu devais exprimer ce que tu penses au quotidien de ton conjoint, tu réduirais tout en miettes. Elle n’a jamais menti. Elle s’est contentée de ne pas en parler. » Ils se rencontrent à l’université. Ils se marient très vite. Nous sommes en 1991. À vingt-deux ans, Lotto et Mathilde sont beaux, séduisants, follement amoureux, et semblent promis à un avenir radieux. Dix ans plus tard, Lotto est devenu un dramaturge au succès planétaire, et Mathilde, dans l’ombre, l’a toujours soutenu. Le couple qu’ils forment est l’image-type d’un partenariat réussi. Mais les histoires d’amour parfaites cachent souvent des secrets qu’il vaudrait mieux taire. Au terme de ce roman, la véritable raison d’être de ce couple sans accrocs réserve bien des surprises. »

Voici ce qui fut une lecture particulièrement inattendue. Après avoir souffert pendant une centaine de pages, d’ennui, d’antipathie pour des personnages d’un égocentrisme et d’un vide intersidéral gigantesques, d’un style qui me paraissait confus et maladroit, j’ai, ô miracle, vu la lumière au bout du tunnel ! Ce qui était un marathon-lecture de cinq-dix pages le soir, avant de passer à autre chose, est devenu un sprint qui m’empêchait de lâcher le roman…

Les raisons de ce changement ?

  • Des personnages qui, en vieillissant, prennent en profondeur et en maturité, se prennent aussi de rudes claques de la vie dans la tronche, qu’il faut surmonter, et en deviennent ainsi beaucoup plus humains et intéressants (surtout Mathilde) ; ce qui a donné lieu, en toute logique, à ma prise de conscience de lectrice de tout l’intérêt de ce début de roman qui me tombait des mains.
  • Les mises en abyme de l’acte de création par la retranscription des travaux littéraires de Lotto, et le rôle de Mathilde dans ceux-ci ; ce que, étonnamment, j’avais trouvé sans intérêt dans Le monde selon Garp, comme quoi…
  • Une fin toute en ironie tragique, qui rappelle bien la passion de Lotto pour son maître, Shakespeare.

Les furies, ou le bon exemple de roman qui a besoin de temps pour se faire apprécier à sa juste valeur. Je sais à nouveau pourquoi je m’obstine toujours un peu avant d’abandonner une lecture !

Le musée des monstres Tome 1 : La tête réduite (Lauren Oliver et H.C. Chester)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 2015 / 2016
Langue originale : Anglais (Etats-Unis)
Maison d’édition : Hachette Romans
Nombre de pages : 352
Quatrième de couverture : « « Mesdames et messieurs, petits et grands, bienvenue au Musée des Horreurs de Dumfrey, venez découvrir ses curiosités en tout genre et autres bizarreries merveilleuses ! » Laissez-nous vous présenter Sam, le garçon le plus fort du monde, Philippa, la médium, Thomas, l’acrobate et assistant du magicien… Tous trois sont de jeunes orphelins qui ont grandi ensemble, heureux à l’abri des murs d’un étrange musée. Mais quand Max, lanceuse de couteaux, rejoint le groupe, une série de terribles évènements s’enchaînent. Suite à la mort d’une spectatrice lors d’une de leurs représentations, la ville accuse la tête réduite qui fait la fierté de Dumfrey d’être à l’origine d’une malédiction. Lorsque celle-ci disparaît, et que le musée se retrouve menacé de fermer, la bande des quatre orphelins extraordinaires décide de mener l’enquête… »

A première vue, ce premier tome de roman jeunesse avait du potentiel, notamment par l’originalité du cadre de l’action évoqué dans la quatrième de couverture, mais aussi par la présence d’illustrations de Benjamin Lacombe, que j’apprécie grandement.

Alors certes, le cadre de départ est bien original, mais l’intrigue et le développement des personnages beaucoup moins : le tout est assez stéréotypé, et l’on devine facilement le fin mot de l’histoire au fil de la lecture. Malgré tout, le roman se lit tout seul, les personnages sont sympathiques et attachants, ce qui m’a rendue plus indulgente quant à ces stéréotypes disséminés au fur et à mesure.

Le musée des monstres est donc un agréable roman jeunesse à lire, même si je regrette, comme souvent pour ce genre de livres, un manque d’originalité global…

Par contre, gros point noir : le roman est bourré de fautes diverses et variées, ce que je trouve déjà inacceptable en temps normal, mais encore plus quand l’ouvrage concerné est destiné à un public d’enfants ou d’adolescents. Je compte  lire le deuxième tome, mais j’espère qu’Hachette aura fait un effort de relecture !

Le monde selon Garp (John Irving)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 1978/ 1998
Langue originale : Anglais (Etats-Unis)
Maison d’édition : Points
Nombre de pages : 648
Quatrième de couverture : « Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin… »

Après avoir dévoré avec beaucoup de plaisir et à toute vitesse les nombreuses pages de L’œuvre de Dieu, la part du diable en 2017, je partais confiante pour la lecture du deuxième grand classique de John Irving, Le monde selon Garp…

Quelle ne fut pas mon erreur !  Je l’ai certes terminé, mais je l’ai trouvé d’un ennui sans nom, exceptée l’avant-naissance de Garp… Entre les personnages qui sont sans saveur, l’intrigue qui est quasi inexistante, la thématique de l’écriture et du rapport de l’écrivain à son œuvre qui ne sert pas à grand chose, le style qui devient de plus en plus lourd (alors que je l’avais trouvé particulièrement sympathique précédemment : problème de traduction ?), et un humour qui m’a laissée de marbre, nous pouvons dire que j’ai été sacrément déçue. J’ai eu l’impression de lire un roman sans âme, complètement désincarné, autant par ses personnages que par son auteur – ce qui, en soi, ne me gêne d’habitude pas quand je lis par exemple Beckett, puisque c’est le but ; à moins que ce ne soit là aussi le but, mais dans ces cas-là je suis passée à côté.

Une grosse déception que ce Monde selon Garp. Je retournerai, un jour, dans les méandres d’un roman d’Irving, ayant adoré ma première lecture de celui-ci, mais ce ne sera pas pour tout de suite !

Challenge USA : Un livre, un Etat

Nouveau challenge de Babelio, organisé par Allantvers, auquel je participe parce qu’il est illimité dans le temps et qu’il est vraiment sympathique.

Le principe :  valider les différents niveaux en postant les critiques des lectures correspondant chacune à un Etat américain différent.

Toutes les époques (des Indiens natifs à l’Amérique contemporaine), tous les styles (du western au white trash en passant par le nature writing), tous les  types de lectures (romans, nouvelles, théâtre, essais…) sont acceptés, pour autant que l’auteur soit américain.

Ce challenge est à durée illimitée et prend en compte les critiques postées à partir du 1er janvier 2018.

Au 20/03 : 2/55

Arizona

Arkansas

California

Colorado

Connecticut

Delaware

Florida

Georgia

Hawaii

Idaho

Illinois

Indiana

Iowa

Kansas

Kentuchy

Louisiana

Maine

Maryland

Massachusetts : Le monde selon Garp (John Irving)

Michigan

Minnesota

Mississippi

Missouri

Montana

Nebraska

Nevada

New Hampshire

New Jersey

New Mexico

New York : Le musée des monstres, Tome 1 (L. Oliver et H.C. Chester)

North Carolina

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Pennsylvania

Rhode Island

South Carolina

South Dakota

Tennessee

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Utah

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