Challenge USA : Un livre, un Etat

Nouveau challenge de Babelio, organisé par Allantvers, auquel je participe parce qu’il est illimité dans le temps et qu’il est vraiment sympathique.

Le principe :  valider les différents niveaux en postant les critiques des lectures correspondant chacune à un Etat américain différent.

Toutes les époques (des Indiens natifs à l’Amérique contemporaine), tous les styles (du western au white trash en passant par le nature writing), tous les  types de lectures (romans, nouvelles, théâtre, essais…) sont acceptés, pour autant que l’auteur soit américain.

Ce challenge est à durée illimitée et prend en compte les critiques postées à partir du 1er janvier 2018.

Au 20/03 : 2/55

Arizona

Arkansas

California

Colorado

Connecticut

Delaware

Florida

Georgia

Hawaii

Idaho

Illinois

Indiana

Iowa

Kansas

Kentuchy

Louisiana

Maine

Maryland

Massachussets : Le monde selon Garp (John Irving)

Michigan

Minnesota

Mississippi

Missouri

Montana

Nebraska

Nevada

New Hampshire

New Jersey

New Mexico

New York : Le musée des monstres, Tome 1 (L. Oliver et H.C. Chester)

North Carolina

North Dakota

Ohio

Oklahoma

Oregon

Pennsylvania

Rhode Island

South Carolina

South Dakota

Tennessee

Texas

Utah

Vermont

Virgina

Washington

West Virginia

Wisconsin

Wyoming

Les portes du néant (Samar Yazbek)

yazbek

Date de publication originale / Dans cette édition : 2015 / 2016
Langue originale : Arabe (Syrie)
Maison d’édition : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 345
Quatrième de couverture : « Figure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad, Samar Yazbek est contrainte de quitter son pays tant aimé en juin 2011. Depuis son exil, elle ressent l’urgence de témoigner. Au mépris du danger, elle retourne clandestinement dans son pays, en s’infiltrant par une brèche dans la frontière turque. Trois voyages en enfer dans la région d’Idlib où elle vit de l’intérieur l’horreur de la guerre civile, aux côtés des activistes. »

En plein débat sur la nécessité de la presse de diffuser ou pas des images transmises par les civils syriens quant aux exactions commises par les bombardements sur la Ghouta orientale, cette lecture tombe plutôt bien puisque Samar Yasbek témoigne avec beaucoup d’objectivité, dans Les portes du néant, de l’évolution du conflit, de plus en plus meurtrier au fil des années, mais aussi de l’importance que prend, dans le pays, au fil de ces mêmes années, l’OEI. Elle n’hésite pas à aller sur le terrain pour être au plus près des violences perpétrées, les décrivant sans prendre de gants : état des villes et villages, état d’esprit des combattants rebelles, mais aussi des civils qui doivent subir la guerre civile… Son récit est vraiment éclairant sur la situation et m’a permis de cerner encore davantage sa complexité, notamment religieuse.

L’on sent très vite, malgré tout, qu’en tant que Syrienne qui a dû fuir son pays, étant une figure importante de l’opposition au régime, elle a du mal à rester neutre face à toute cette violence, l’indignation prenant de plus en plus souvent le pas sur la neutralité première au fur et à mesure du témoignage. Cette indignation se ressent d’ailleurs le plus souvent lorsqu’il est question de son statut de femme : en effet, pour beaucoup, elle n’a rien à faire sur le champ de bataille, ce n’est pas à elle d’aller interroger les rebelles, ou encore de témoigner sur ce conflit.

Voici donc une lecture que j’ai trouvée passionnante, même si particulièrement éprouvante : l’on a vraiment l’impression de suivre Samar Yazbek au plus près du franchissement des trois portes du néant que ce sont ses trois incursions successives dans la guerre syrienne.

24 vues du mont Fuji par Hokusai (Roger Zelazny)

mont fuji

Date de publication originale / Dans cette édition : 1986 / 2017
Langue originale : Anglais (Etats-Unis)
Maison d’édition : Le Bélial
Nombre de pages : 130
Quatrième de couverture : « Son époux est mort. Ou disons qu’en tout cas, il n’est plus en vie… Pour Mari, le temps du deuil est venu. Un double deuil… Armée d’un livre, Les Vues du mont Fuji, par Hokusai, elle se met dans les traces du célèbre peintre japonais afin de retrouver vingt-quatre des emplacements depuis lesquels l’artiste a représenté le volcan emblématique — autant de tableaux reproduits dans l’ouvrage. Un pèlerinage immersif, contemplatif, au cœur des ressorts symboliques de cette culture si particulière, un retour sur soi et son passé. Car il lui faut comprendre… et se préparer. Comprendre comment tout cela est arrivé. Se préparer à l’ultime confrontation. Car si son époux n’est plus en vie, il n’en est pourtant pas moins présent… Là. Quelque part. Dans un ailleurs digital. Omnipotent. Infrangible. Divin, pour ainsi dire… »

Je me suis lancée dans ce bref roman un peu par hasard, attirée par la présence des estampes d’Hokusai dans l’intrigue. L’on comprend très vite ce que celles-ci viennent faire là, il faut cependant plus de temps pour comprendre où l’auteur veut en venir au fil de son récit. J’ai de ce fait eu plutôt l’impression de lire une nouvelle car l’on retrouve tous les ressorts de celle-ci, notamment la distribution d’informations importantes au compte-gouttes avant la révélation finale des dernières pages, le peu de profondeur psychologique des personnages, ainsi que les descriptions brèves allant à l’essentiel. Finalement, je ne me suis pas trompée, puisque ce récit appartient au genre de la novella, que je ne connaissais pas du tout, genre qui est justement un mélange entre roman et nouvelle – pour schématiser – .

Ce que j’ai surtout apprécié dans cette novella, c’est l’atmosphère qui s’en dégageait, entre imaginaire traditionnel japonais, empreint de poésie, et monde contemporain, au contraire très pragmatique, désincarné, et donc tout sauf poétique. Quant à l’intrigue en elle-même, je n’ai que peu de choses à en dire : elle est bien ficelée, mais pas extrêmement originale ou accrocheuse.

Une lecture dont je ne garderai pas longtemps le souvenir, mais que j’ai malgré tout trouvée sympathique, sa brièveté expliquant ceci et cela. J’ai notamment regretté que les estampes ne soient pas reproduites, autant pour faciliter le travail de remémoration de chacune que parce que je ne les connaissais pas toutes… Mais il y a plus gênant, il ne m’a pas été difficile de les trouver sur le net.

Frankenstein à Bagdad (Ahmed Saadawi)

Frankenstein

Date de publication originale / Dans cette édition : 2013 / 2016
Langue originale : Arabe (Irak)
Maison d’édition : Piranha
Nombre de pages : 371
Quatrième de couverture : « Dans le quartier de Batawin, à Bagdad, en ce printemps 2005, Hadi le chiffonnier récupère les fragments de corps abandonnés sur les lieux des attentats qui secouent la ville pour les coudre ensemble. Plus tard, il raconte à qui veut bien lui payer un verre qu’une âme errante a donné vie à cette mystérieuse créature, qui écume désormais les rues pour venger les innocents dont elle est constituée. »

A lire le titre et la quatrième de couverture de ce roman, l’on pourrait s’attendre à une réécriture bête et méchante du Frankenstein de Mary Shelley version contemporaine.

Mais il n’en est bien sûr rien, puisque le récit est ponctué tout d’abord d’une touche orientale très sympathique, autant dans la structure des chapitres que dans l’omniprésence de l’oralité au fil de ceux-ci (dialogues, personnages de conteurs…), ou encore dans l’apparition d’un fantastique bien particulier, pas forcément habituel chez nos écrivains européens.

Il est ponctué aussi, et surtout, d’une ambiance bien plus réaliste que le roman de l’auteure anglaise, puisque l’apparition du Trucmuche (c’est le nom de la créature à laquelle a donné vie, malgré lui, Hadi) se fait dans un contexte post guerre d’Irak, dans un pays en proie au chaos causé par la chute de Saddam Hussein donnant lieu à un conflit extrêmement violent entre plusieurs factions ennemies. Les attentats y sont légion, notamment à Bagdad, la capitale, expliquant cette possibilité de reconstruction d’un corps humain entier à partir de débris.  De cette façon, nous apprenons en filigrane certaines choses sur le fonctionnement de l’Irak dans cette situation. C’est, je dois dire, ce qui m’a le plus plu dans ce roman, ce mélange subtilement orchestré entre fantastique et réalisme qui permet de créer l’atmosphère propice au doute pour les personnages, et ainsi d’emmener le lecteur dans cette atmosphère, même s’il sait pertinemment qu’il est en train de lire de la fiction.

Une lecture somme toute agréable, même si inattendue – puisque je m’attendais à quelque chose de plus fantastique -, qui me donne envie de relire l’original, pour pouvoir comparer de manière plus pertinente.

 

Dans la combi de Thomas Pesquet (Marion Montaigne)

pesquetDate de publication : 2017
Maison d’édition : Dargaud
Nombre de pages : 208
Quatrième de couverture : « Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour… »

Qui n’a pas, ne serait-ce qu’entendu parler de Thomas Pesquet l’année dernière suite à son périple de 6 mois sur l’ISS ? Qui plus est lorsque celui-ci, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, a partagé son aventure à grands coups de photos de situations banales dans la station, mais inattendues pour nous, et de photos satellites merveilleuses de nombreux lieux terrestres, urbains ou naturels.

Marion Montaigne, dont j’apprécie particulièrement son professeur Moustache, l’a suivi durant sa formation et raconte, dans cette BD, toutes les étapes qui ont mené le pilote et ingénieur français jusqu’à son rêve de gosse : aller un jour dans l’espace. Nous découvrons donc d’abord le lent processus de sélection, bien stressant pour chaque candidat, qui n’a permis qu’à une petite poignée d’entre eux de pouvoir un jour devenir astronaute. Ensuite, le temps de formation, tout aussi long et éprouvant, aux quatre coins du monde, pour parvenir jusqu’au Graal tant attendu, la mission spatiale. Enfin, la mission en elle-même et le retour sur Terre.

Comme à son habitude, l’auteure nous décrit tout cela avec beaucoup d’humour, notamment les situations rocambolesques auxquelles doit se préparer un astronaute avant d’aller dans l’espace (se rendre aux toilettes, manger, vider ses poubelles…), ou encore la situation d’attente infernale que vit chaque astronaute avant de se voir enfin attribuer une mission – pour ne citer que quelques exemples. Chaque planche est un délice, bourré de petits détails qui m’ont bien fait me bidonner.

Comme à son habitude également, cette bonne dose d’humour s’accompagne de passages beaucoup plus sérieux permettant d’expliquer divers points scientifiques de la vie dans l’espace pour un être humain, et la préparation nécessaire en amont avant de partir : n’étant pas du tout une grande connaisseuse dans ce domaine, j’ai appris pas mal de choses au fil de ma lecture.

Une lecture qui fut, ma foi, fort agréable, et qui me semble accessible pour tous afin de cerner un peu mieux ce qu’est de devenir astronaute.

 

Zoonomia (Bessora)

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Date de publication : 2018
Maison d’édition : Le serpent à plumes
Nombre de pages : 368 pages
Quatrième de couverture :  » 1846, Johann, 15 ans, vient frapper à la porte d’un appartement parisien. Né boiteux et bâtard, il est venu de la Réunion se faire reconnaître de son père avant de devenir aventurier comme lui. Son rêve : être le premier Blanc à voir le gorille. Mais son père est déjà reparti, vers ses trafics, vers le Gabon. Alors le jeune homme, recueilli par sa belle-mère, fait ses premières armes aux galeries naturalistes Perrin où il apprend le classement des espèces animales et la taxidermie, en attendant de vivre son grand rêve africain. »

Premier tome qui vient d’être publié d’une tétralogie future nommée La dynastie des boiteux, Zoonomia est un roman tout à la fois déroutant et passionnant, que j’ai eu du mal à lâcher malgré le peu de temps que j’ai pour lire en ce moment.

En effet, celui-ci m’a déroutée, dans le bon sens, dès les premières lignes, puisque le narrateur semble s’adresser directement au lecteur en le tutoyant très familièrement, ce qui est ma foi peu commun en littérature. J’ai en tête le vouvoiement de La modification de Michel Butor, et rien d’autre… Ce tutoiement trouvera bien sûr son explication au fil des pages, même si cette explication se devine plus qu’elle ne se lit, créant une atmosphère nébuleuse tout aussi déroutante, mais pas désagréable pour autant. L’incursion dans le récit est donc brutale, encore plus car nous sommes entraînés à la suite de Johann, jeune Réunionnais en mal de reconnaissance, autant personnelle que professionnelle, frappant à la porte de son supposé père, habitant à Paris, pour officialiser la filiation, sans autre préambule. La quatrième de couverture, que j’ai forcément lue d’abord, vient presque gâcher cette entrée en fanfare, très théâtrale, dans l’intrigue.

Et quelle intrigue, digne des grands romans du XIXème siècle que j’affectionne particulièrement ! Menée de manière somme toute classique, puisque chronologique, elle est en effet d’une grande richesse : à la fois récit initiatique, de mœurs, d’aventures, historique, psychologique, fantastique, réaliste, parfois surréaliste, elle renvoie parfaitement à l’époque qu’elle décrit, et nous fait penser à des auteurs comme Balzac ou Maupassant. Il en est de même quant au style, lui aussi très riche, puisqu’il mélange vocabulaire et tournures soutenus ou familiers, structure de phrases parfois classique, parfois plus inattendue.

Ce qui m’a également plu dans l’intrigue, c’est qu’elle mêle avec beaucoup de brio réalité et fiction, renforçant son atmosphère complexe et passionnante : Bessora, pour le personnage principal de chacun de ses quatre romans, s’est inspirée d’une personnalité ayant vraiment existé, pour ce premier tome Paul Belloni du Chaillu, premier homme « blanc » (il a des origines à la fois métis et bâtardes) à avoir observé de près les gorilles et découvert les tribus pygmées. De plus, de nombreuses références, plus ou moins importantes, sont faites à des « célébrités » du XIXème siècle que Johann, ou l’un(e) de ses proches, a pu croiser ou côtoyer au fil du récit, comme si le jeune homme était lui-même un être vivant, et non pas de papier. Je n’en dirai pas plus sur ces célébrités, laissant à chacun(e) le soin de les découvrir au fil de sa lecture. Enfin, toute l’ambiance scientifique de l’époque, entre racisme sans complexe et recherches sur les espèces inconnues des contrées exotiques colonisées, mais aussi sociologique, avec la place occupée par les enfants bâtards et/ou métis dans la société, ou encore religieuse, dans la confrontation des croyances chrétiennes et « païennes » (selon les chrétiens), vient parfaire cet ensemble : j’ai vraiment eu l’impression d’être au cœur de l’histoire, au même titre que notre héros, d’où ma difficulté d’ailleurs à m’arrêter de lire.

Enfin, nommer Johann « héros » ne me semble pas le plus approprié : c’est un anti-héros malgré lui, tout du moins au début, auquel l’on s’attache facilement de par sa fragilité et sa naïveté adolescentes, avant de finir par le trouver de plus en plus méprisable, ce qui m’a là aussi fait penser à des personnages des grands romans du XIXème siècle, surtout à Rastignac (Le Père Goriot), à Julien Sorel ou à Bel-Ami.

Zoonomia est donc, comme vous l’aurez compris, un gros coup de cœur : c’est un roman très bien ficelé, très bien écrit, vraiment riche. Un grand merci à Babelio et aux éditions du Serpent à plumes de m’avoir permis de le découvrir, et par la même occasion de découvrir Bessora, que je ne connaissais pas du tout, et dont j’apprécie franchement la plume. Je me procurerai en tout cas le prochain tome sans hésiter !

 

Les annales du Disque-Monde 6 : Trois soeurcières (Terry Pratchett)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 1988 / 1996
Langue originale : Anglais
Maison d’édition : Atalante
Nombre de pages : 352
Quatrième de couverture :  » « Le vent hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit… La nuit était aussi noire que l’intimité d’un chat. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l’échiquier du destin. Au cœur des éléments déchaînés luisait un feu, telle la folie dans l’œil d’une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla : “Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?” Une autre voix plus naturelle, répondit : “Ben moi, j’peux mardi prochain.” » Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, histrions et tables tournantes : rien ne vous est épargné. Shakespeare n’en aurait pas rêvé tant. Ou peut-être si ? Avec, en exclusivité, le ravitaillement en vol d’un balai de sorcière. « 

Trois soeurcières signe le retour en fanfare de Mémé Ciredutemps (que j’avais adoré dans La huitième fille), cette fois accompagnée de deux de ses acolytes, Nounou Ogg, mère, grand-mère, arrière-grand-mère de nombreux rejetons, très portée sur la bouteille, et Magrat Goussedail, au physique particulier, très à cheval sur les traditions magiques malgré son jeune âge.  Leur mission : sauver le royaume de Lancre des griffes d’un duc à moitié fou et de sa femme tout aussi siphonnée, rien que ça !

Après un cinquième tome que j’avais moins apprécié, je dois dire que je me suis régalée avec celui-ci, entre les références littéraires parodiées – Shakespeare bien sûr, mais pas seulement, je laisse le soin à chacun de découvrir les autres -, le trio de soeurcières qui passe son temps à ne pas être d’accord, et les descriptions/dialogues typiquement absurdes et/ou décalés de Pratchett (ma préférée de ce tome :  » C’était un paysage d’une beauté descriptible  » ). Qui plus est, la narration est bien plus rythmée, sans les longueurs que j’avais trouvé parfois gênantes dans Sourcellerie , l’histoire, bien qu’attendue, est efficace, et les nouveaux personnages présents sont dans l’ensemble bien drôles.

Ce fut donc un nouveau moment très sympathique de lecture avec ce sixième tome du Disque-Monde, prochainement le septième, Pyramides !