Mrs Dalloway (Virginia Woolf)

9782081309562_h430

Date de publication originale / dans cette édition : 1925/2013
Langue originale : Anglais
Maison d’édition : GF (Flammarion)
Nombre de pages :  214
Quatrième de couverture : « Londres, 1923. Par une claire matinée de juin, Clarissa Dalloway, qui donne une fête dans la soirée, sort acheter des fleurs. À la faveur de sa promenade, elle se laisse imprégner par tout ce qui l’entoure, sillonne les rues et remonte le temps. Tandis que les impressions affluent, elle se souvient d’un été à Bourton, où sa vie a basculé… »

Cela fait des années que je voulais lire un roman de Virginia Woolf sans prendre le temps de le faire, c’est chose faite grâce à la lecture commune de septembre organisée sur Babelio.

Au départ, il est facile d’être dérouté par le fait qu’il ne se passe rien ou presque dans ce roman : en effet, l' »histoire » retrace une journée, celle pendant laquelle Clarissa Dalloway, quinquagénaire des beaux quartiers londoniens, prépare une soirée mondaine très cotée, mais aussi pendant laquelle a lieu cette soirée. En somme, moins de 24 heures, ce qui peut paraître bref pour un roman de plus de 200 pages, surtout que les préparatifs et la soirée en soi sont peu décrits.

Ce qui importe, c’est de mettre en scène avec densité la psychologie des personnages, et tant pis si l’intrigue se réduit à peau de chagrin : nous découvrons les pensées, réflexions, souvenirs, flux de conscience, non seulement de Clarissa, mais aussi de tout son entourage plus ou moins proche : son mari Richard ; sa fille Elizabeth ; l’homme qu’elle a refusé d’épouser, Peter ; des invités de la soirée ; un couple croisé à Regent’s Park alors qu’elle allait chercher des fleurs… Cette mise à nu progressive des esprits se fait de manière extrêmement fluide, de manière quasi cinématographique : j’ai immédiatement pensé à la majorité des films d’Inarritu. Nous passons d’un personnage à l’autre selon la logique des rencontres, dialogues entre eux, et nous n’avons pas vraiment l’impression d’un passage artificiel. Je me suis de ce fait totalement laissée prendre par les flux, glissant d’un personnage à l’autre sans aucune difficulté.

L’autre point intéressant, c’est le fait que nous ne soyons pas très souvent dans l’esprit de Clarissa, mais que nous en apprenons beaucoup sur elle par l’intermédiaire des autres personnages : le regard que nous avons, lecteurs, sur Clarissa, est ainsi multiple, la rendant insaisissable, et donc intéressante, qui plus est car sa condition de femme au foyer mondaine ne semble pas forcément lui convenir…

Mrs Dalloway fut une belle découverte : c’est à mon sens assez génial que d’avoir la capacité d’écrire un roman fluide, vivant, qui se lit avec plaisir, sans qu’il ne s’y passe quasiment rien. Je comprends mieux l’importance qu’a pu avoir Virginia Woolf pour l’évolution du roman au début du XXème siècle.

 

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