Marx et la poupée (Maryam Madjidi)

Marx et la poupée

Date de publication : 2017
Maison d’édition : Le Nouvel Attila
Nombre de pages : 202
Quatrième de couverture : Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elles rejoignent le père en exil à Paris.  À travers ses souvenirs d’enfance, Maryam dit l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, l’effacement progressif du persan au profit du français.

Roman que j’ai lu d’une traite, Marx et la poupée est passionnant car narrativement inattendu : que ce soit avec « je » ou avec « la petite fille », Maryam se raconte, autant par ses propres souvenirs que par l’intermédiaire des souvenirs des autres sur elle (sa mère, son père, sa grand-mère…), alors qu’elle est trop petite, voire pas encore née, ou encore en laissant la parole à d’autres qu’elles. Découpé en trois naissances, ce roman revient, de manière plus ou moins chronologique, sur la vie de la jeune femme, chaque naissance renvoyant à la fin à un évènement fondamental de son existence, qui crée une rupture dans le cours de celle-ci. Qui plus est, à l’intérieur de chaque naissance, sont disséminés de très courts chapitres, faisant penser à des flashs de souvenirs qui apparaissent soudainement, devant absolument être racontés à cet instant-là.

Roman d’un début de vie dans un contexte problématique (naissance en 1980 à Téhéran), puis d’un exil forcé 6 ans plus tard, et enfin d’une adaptation tout aussi difficile à un nouveau pays et à une nouvelle culture, Marx et la poupée est aussi passionnant en ce qu’il met à jour, parfois avec beaucoup de gravité, parfois avec beaucoup d’humour, les  ressentis causés par un déracinement brutal et profond et les étapes pour apprendre à vivre sereinement avec lui. J’ai beaucoup pensé à Persepolis de Marjane Satrapi, que j’avais déjà grandement apprécié, au fil de ma lecture (même sujet et même tons utilisés pour le décrire).

Enfin, parce qu’il y a une cerise sur le gâteau, j’ai trouvé le style de Maryam Madjidi vraiment sympathique, empli de poésie par moments, décalé par d’autres, permettant de donner encore plus de sel à un roman déjà original dans sa mise en forme narrative.

Comme cela se comprend facilement, Maryam et la poupée a donc été une lecture coup de cœur, que je ne regrette absolument pas. Et dire que j’ai pas mal fondé mon achat sur le titre de ce roman, pour son côté étonnant, ce qui ne m’arrive jamais… Comme quoi !

 

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