Imago (Cyril Dion)

Cyril dion

Date de publication : 2017
Maison d’édition : Actes Sud
Nombre de pages : 211
Quatrième de couverture : « Parce que son frère s’apprête à commettre en France l’irréparable, Nadr le pacifiste se lance à sa poursuite, quitte la Palestine, franchit les tunnels, passe en Égypte, débarque à Marseille puis suit la trace de Khalil jusqu’à Paris. Se révolter, s’interposer : deux manières d’affronter le même obstacle, se libérer de tout enfermement, accéder à soi-même, entrer en résilience contre le sentiment d’immobilité, d’incarcération, d’irrémédiable injustice. »

Dans ce roman, nous sommes tour à tour, au fil de divers chapitres plutôt brefs, face à quatre personnages qui ne semblent pas avoir au départ grand chose en commun, – exceptés Nadr et Khalil, « frères » qui vivent dans la bande de Gaza, jusqu’à ce qu’un évènement traumatique les sépare définitivement, autant physiquement qu’idéologiquement – . A leurs côtés vont également graviter Fernando, un fonctionnaire qui va bien malgré lui devoir « analyser » la situation en Palestine, et Amandine, une femme d’une soixantaine d’années qui a fait le choix de vivre en autarcie après avoir perdu ses dernières illusions en s’engageant dans le monde de l’humanitaire.

Mais très vite, les destins se rejoignent jusqu’à la tragédie finale, implacable mais prévisible. En effet, ces quatre destins sont comme tracés dès les premières lignes par le narrateur, destins esclaves de la fatalité d’un monde inhumain et injuste qui les broie sous son joug, que ce joug soit celui du conflit israélo-palestinien, ou celui de la société occidentale, en proie à un nombrilisme en constante augmentation, qui plus est responsable de ce conflit destructeur perdurant depuis plus de cinquante ans.

A la manière des mythes et des grands auteurs antiques, dont l’enjeu est avant tout de décrire progressivement la montée en puissance jusqu’à la tragédie, plus que la tragédie elle-même, le roman nous décrit certes quatre individualités face à leurs destins, mais plus encore, à mon sens, une histoire qui prend un caractère universel, chacun devenant l’archétype d’une situation insupportable dont notre monde est responsable, mais malheureusement de plus en plus banale.

Imago est un récit que j’ai trouvé remarquablement bien écrit, tout en délicatesse et en subtilité  : j’ai été happée dès les premières lignes, et je n’en suis ressortie profondément touchée qu’après avoir terminé ma lecture. Une belle réussite que ce premier roman de Cyril Dion, et mon premier coup de cœur de la rentrée littéraire – j’espère que ce ne sera pas le seul – !

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