Juste avant l’Oubli (Alice Zeniter)

zeniter

Date de publication : 2015
Edition : Flammarion
Nombre de pages : 211 pages
Quatrième de couverture : « Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C’est sur cette île perdue des Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement – il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l’île n’a d’autre habitant qu’un gardien taciturne ni d’autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter, sur les « lieux du crime », l’œuvre de l’écrivain mythique. Cet été-là, Émilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d’organiser les Journées d’études consacrées à l’auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l’occasion de convaincre Émilie de passer le restant de ses jours avec lui. Mais sur l’île coupée du monde rien ne se passe comme prévu. »

 

Ce roman aurait pu simplement être l’histoire on ne peut plus banale d’un couple dans la tourmente, rebattue en littérature comme au cinéma, ce qui n’aurait pas forcément donné un grand intérêt et une grande originalité à la chose.

Mais Alice Zeniter a, d’une main de maître, choisi de développer cette première fiction commune autour d’une autre fiction bien plus inattendue, celle de la création d’un auteur de polars tellement vraisemblable (ajout de citations venant de ses œuvres, des critiques et des analyses faites sur  lui, des résumés de ses intrigues faits par les participants aux Journées d’études, une biobibliographie essaimée au fil de l’histoire…) qu’on en croirait presque à son existence. Galwin Donnell est en effet au centre du roman ; de l’île, elle-même inventée pour l’occasion, sur laquelle il aurait vécu et serait mort ; du cœur et de l’esprit d’Emilie et des autres participants, mais aussi indirectement de ceux de Franck. Il en est le véritable personnage principal qui, par sa présence fantomatique, noue et dénoue les situations parfois comiques, surtout tragiques, qui se créent autour de ces journées d’études qui lui sont consacrées.

A cela s’ajoute une plume sensible, qui pénètre au cœur des états d’âme des personnages, parfois poétique quant à la description de l’atmosphère et des lieux de l’île que Franck découvre au fur et à mesure, parfois acerbe quant à l’évocation des journées universitaires, où tout le monde s’écoute plus ou moins parler sans s’entendre et qui ne mènent pas à grand chose, excepté jouer à celui, à travers un cercle d’initiés, qui pourra prouver qu’il est le plus érudit sur un auteur donné.

Juste avant l’Oubli est donc une belle découverte : je ne vais pas tarder à me procurer L’art de perdre, autre roman publié par cette auteure à l’occasion de la rentrée littéraire 2017, et m’intéresser de plus près au reste de ses œuvres.

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