La perfection du tir (Mathias Enard)

La perfection du tir
Date de publication originale / Dans cette édition : 2003 / 2013
Edition : Actes Sud Babel
Nombre de pages : 180 pages
Quatrième de couverture : « Tout est dans la concentration. Tout est dans la patience, le calme, la maîtrise du souffle. Les bons jours, un seul tir réussi – mais alors un tir parfait suffit à lui donner la joie du travail accompli. Alors, le narrateur redescend de ce toit d’immeuble où il s’était embusqué pour tuer – dans cette ville sans nom, de longue date livrée à la guerre civile -, et il rentre chez lui, retrouver sa mère à demi folle. Puis survient Myrna, une jeune fille de quinze ans embauchée pour « garder » la mère malade. Myrna dont la naissante féminité devient pour lui un objet de fascination, un rêve d’amour – l’autre chemin vers la « perfection » ? »

 

Premier roman de Mathias Enard, La perfection du tir a de ce fait une facture stylistique bien plus classique que les œuvres qui suivent : ici, en effet, peu de phrases très longues ou de disparition parfois importante de la ponctuation, que l’on peut notamment retrouver dans L’alcool et la nostalgie ou Zone. Cela m’a presque déroutée au début de ma lecture, m’étant habituée à ce style chaotique permettant de bien mettre en scène les pensées confuses/simultanées des personnages et/ou la fluidité des évènements racontés.  De même, l’intrigue est plus simple et demande bien moins de concentration et de réflexion pendant la lecture, ce qui m’a quelque peu décontenancée.

Malgré tout, l’histoire de ce sniper sans nom,  engagé dans une guerre dont on ne sait que peu de choses (aucun cadre spatio-temporel précis : cela pourrait très bien se passer en Palestine, en Afghanistan, en Bosnie…) est intéressante car elle prend, pour ces raisons, un caractère universel et immuable. Elle décrit avec beaucoup de réalisme ce que peut ressentir et vivre un jeune soldat, la façon dont ce qu’il vit a une influence sur son évolution psychique, peu importe le conflit dans lequel il doit se battre.

Un roman que j’ai apprécié, même si ce n’est pas celui que j’ai préféré de Mathias Enard : c’est un premier roman d’un auteur qui cherche encore son style, et qui perd donc en originalité, même si les problématiques essentielles de son œuvre sont déjà présentes. Prochaine étape : Boussole, qui est dans ma PAL depuis un bout de temps.

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