Les noces barbares (Yann Quéffelec)

noces barbares

Date de publication : 1987
Maison d’édition : Gallimard Folio
Nombre de pages : 352
Quatrième de couverture : « Fruit d’une alliance barbare et d’un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère – Nicole – et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier.La situation ne s’arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l’alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n’est pas l’arriéré qu’on veut faire de lui. Il ne cesse de rêver à sa mère qu’il adore et qu’il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l’en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver. […] »

Je suis sortie de cette lecture franchement bouleversée, autant en raison de l’histoire monstrueuse qui y est racontée qu’en raison de la façon dont elle est racontée. Les mots y sont en effet particulièrement bien choisis. Ils sont parfois crus et violents : la scène du viol au début du roman est particulièrement éprouvante de ce point de vue, nous faisant d’emblée pénétrer dans une atmosphère lourde, glauque, qui perdurera jusqu’à la fin. Ils sont parfois au contraire délicats et poétiques, notamment quand il est question de la relation entre Ludo et Nicole, du moins du point de vue du fils, puisqu’il est abhorré par sa mère, ou de l’aventure du jeune homme dans son épave. Pour cette raison, je me suis rapidement attachée à ce jeune homme, rejeté par tous ou presque en raison de sa conception dans la violence et la barbarie.

Ce choix des mots est encore renforcé, à mon sens, par une facture narrative plutôt classique, construite à la manière d’un Balzac, d’un Maupassant ou d’un Zola, qui nous laisse chronologiquement entrer, avec moult détails et descriptions précises, dans l’enfer de cette famille, qui ne peut continuer à se construire normalement après le drame originel vécu par la fille, encore jeune adolescente, et qui de ce fait détruit de la même façon l’enfant issu du drame, qui devient le centre de l’histoire bien malgré lui.

Les noces barbares est un roman qui, selon moi, mérite son prix Goncourt : remarquablement bien écrit, il raconte avec une grande force l’horreur du viol, et toutes ses conséquences plus ou moins directes, n’omettant pas les éléments les plus sordides pour mieux faire comprendre leur monstruosité. Je ne regrette pas de l’avoir lu, même s’il m’aura fallu du temps avant de m’y plonger.

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