Underground Railroad (Colson Whitehead)

underground

Date de publication originale / Dans cette édition : 2016 / 2017
Langue originale : Anglais
Maison d’édition : Albin Michel
Nombre de pages : 397
Quatrième de couverture : « Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord. »

Roman qui me faisait de l’œil depuis un bon moment (mais j’avoue que j’ai eu la flemme de le lire en anglais, j’ai attendu la traduction), Underground Railroad est exactement ce à quoi je m’attendais. Derrière une intrigue fluide, efficace, qui se laisse parcourir avec beaucoup de facilité, se fait une description sans concession des conditions de vie des esclaves afro-américains, sous la houlette de Cora, jeune fille qui fait le choix de fuir la plantation de coton de sa Géorgie natale pour rejoindre la liberté du Nord, et pourquoi pas retrouver sa mère, Mabel, qui s’est enfuie avant elle. Ce qui m’a bien plu, et qui était par contre plus inattendu, c’est le découpage en chapitres qui met en avant deux éléments différents : d’abord un chapitre qui raconte les périples de Cora à chaque nouvel état traversé, puis ensuite un chapitre qui revient sur un personnage qui a ou aura un rôle à jouer dans l’histoire, permettant de découvrir davantage de choses sur lui. Ces deux éléments se mêlent parfaitement bien et donnent selon moi encore plus de fluidité et d’intérêt à l’ensemble.

Au fil de ses avancées vers la liberté, Cora va faire de nombreuses rencontres, plus ou moins bien bienvenues, symbolisant les postures antagoniques des deux camps qui se feront la guerre peu de temps après (abolitionnistes et esclavagistes) : chasseurs d’esclaves en fuite, villageois lambda qui aident ou au contraire maltraitent les personnes noires, anciens esclaves affranchis, personnes en lien avec l’Underground Railroad, le réseau de train clandestin aidant les esclaves à aller au Nord… Mais elle va faire également la découverte de diverses conditions de vie pour les esclaves selon les Etats, parfois bien meilleures – même si l’on découvre finalement que cela est bien relatif – (comme en Caroline du Nord), parfois bien pires (comme en Caroline du Sud). Ces conditions de vie sont présentées avec beaucoup de minutie – l’on sent qu’il y a un sacré travail de documentation derrière ce récit -, sont en cela très visuelles, et elles m’ont de ce fait souvent mises mal à l’aise, du fait de leur véracité éprouvante : il est en effet parfois difficile d’imaginer jusqu’à quel point les hommes peuvent aller dans la cruauté et la haine de l’autre, simplement différent par sa couleur de peau. Pendant la lecture de certaines scènes, j’ai justement pensé à d’autres scènes issues du film de Steve McQueen, 12 years a slave, tout aussi éprouvant.

Le seul point qui m’a un peu gênée, c’est que l’Underground Railroad, qui est pourtant au cœur du roman et lui donne son titre, ne soit pas davantage décrit, mis en avant, ne prenne peut-être davantage une valeur symbolique. J’ai eu parfois l’impression que le récit pouvait largement faire sans, malgré son importance historique fondamentale, ce qui prouve bien à mon sens qu’il n’a pas toujours été assez mis en évidence.

Un très bon moment de lecture donc, que je n’oublierai pas de sitôt.

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