Ces rêves qu’on piétine (Sébastien Spitzer)

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Date de publication : 2017
Maison d’édition : L’Observatoire
Nombre de pages : 307
Quatrième de couverture : « Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.
Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s’appelle Magda Goebbels. »

Autre roman de la rentrée littéraire qui me faisait envie, Ces rêves qu’on piétine met en parallèle Magda, la femme de Goebbels, et une série de protagonistes ayant, ou non, survécu aux camps, ou ayant un lien avec ces camps à leur libération (militaires, journalistes…). L’on comprend assez rapidement, même sans connaître l’histoire de cette femme emblématique du IIIème Reich, pourquoi ce parallèle est mis en scène de cette manière par Sébastien Spitzer, qui alterne les voix narratives un chapitre après l’autre.

D’un côté, nous pénétrons dans l’esprit de Madga : nous sommes face à ses doutes, ses regrets, ce qu’on découvre de son passé, de quelle façon elle voit son avenir…, et donc face à une histoire individuelle, comme coupée de la réalité de ce qui l’entoure. Ces chapitres sont les plus romanesques, ceux que j’ai trouvés les plus sympathiques stylistiquement parlant : je me suis vraiment laissée entraîner dans leurs filets, autrement dit dans les filets du cynisme froid et déroutant de la femme dont ils racontent la vie, telle que l’imagine l’auteur à travers de véritables faits historiques.

De l’autre côté, nous suivons les autres protagonistes, qui renvoient au contraire à l’Histoire, celle de l’Allemagne nazie et des camps d’extermination, dans leur indifférenciation et dans leur multitude, avec pour seul et même objectif de mettre à jour le plus grand secret de Magda… Les chapitres retraçant ces éléments m’ont semblé plus désincarnés, gages de la monstruosité vécue par chacun, dans les camps ou après les camps, mais pas pour autant inintéressants.

Une double facette d’un même évènement historique est donc décrite dans ce roman, du point de vue des deux  parties : la chute du régime nazi, et par là même la fin des camps d’extermination, Magda Goebbels étant au centre de cet évènement comme une idole malsaine qu’il faut détruire pour parachever la chute.

J’ai dans l’ensemble apprécié ma lecture, notamment en raison d’une écriture plaisante et d’un mélange réalité/fiction bien mené, mais, même si cela était le plus pertinent pour exposer les deux points de vue, j’ai trouvé lassante l’alternance des chapitres qui se retrouve dans un peu trop de romans ces dernières années. J’ai cette mauvaise impression de formatage narratif qui se précise au fil de mes lectures dernièrement…

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