Fille de joie (Kiyoko Murata)

Fille-de-joie

Date de publication originale / Dans cette édition : ??? / 2017

Langue originale : Japonais

Maison d’édition : Actes Sud

Nombre de pages : 226

Quatrième de couverture :  » À quinze ans, une enfant est vendue par ses parents au tenancier d’une maison close. Nous sommes en 1903, à l’époque les familles pauvres tentent ainsi de survivre. Après deux jours de mer, Ichi intègre la communauté des courtisanes. Là, elle apprendra toutes les manières du corps, celles de la soumission comme celles qui la protègeront. Ainsi apprendra-t-elle à lire et à écrire comme l’impose la loi aux patrons de ces établissements. Et c’est grâce à l’institutrice qui chaque jour offre à ces femmes la possibilité puis la capacité de s’informer que leur sentiment d’injustice s’éveille. »

Il m’aura fallu une dizaine d’années avant de lire une nouvelle œuvre japonaise que j’apprécie, la dernière étant Kafka sur le rivage. C’est une littérature avec laquelle j’ai vraiment du mal, en raison d’une écriture que je trouve souvent froide, distanciée ; mais, de temps en temps, je fais des tentatives, quand les thèmes présentés sur les quatrièmes de couverture me plaisent.

Et justement, mon envie de lire Fille de joie s’explique ainsi : j’ai toujours été très attirée par la description que font les auteurs du milieu des courtisanes et des prostituées, et ce depuis ma lecture de Nana il y a bien longtemps, quand j’étais ado. L’avantage de ce roman japonais, c’est que le regard porté sur ce milieu marginal, à la fois fascinant et repoussant pour beaucoup, n’est pas celui d’un auteur, mais d’une auteure (oui, je conchie l’Académie Française ^^), qui plus est d’une auteure japonaise qui décrit les mœurs de son pays, desquelles je ne suis pas du tout familière. Et qui dit auteure dit fin totalement inattendue pour cette thématique, mettant en scène de manière très optimiste une émancipation possible de ces femmes vendues de force aux bordels japonais, notamment grâce à l’éducation – où l’on voit que c’est par un regard justement féminin que nous est décrit ce milieu… -.

J’ai donc appris, dans ce roman, beaucoup de choses intéressantes, puisque Kiyoko Murata prend le temps de donner des précisions historiques qui permettent d’être au plus près de la situation des jeunes filles ou femmes se prostituant au début du XXème siècle au Japon, de la grande courtisane que tout le monde respecte, qui est très demandée et qui rapporte énormément d’argent à la maison close, lui donnant même son nom, à la petite prostituée qui enchaîne les passes dans la même soirée sans pouvoir choisir ses clients. Ces précisions s’accompagnent d’une trame narrative, bien que classique, fluide et très agréable à lire, qui m’a permis de m’attacher aux personnages principaux de celle-ci, surtout à Ichi, adolescente venant d’une île de pêcheurs du Sud qui va, tant bien que mal, apprendre à devenir courtisane sous nos yeux.

J’ai donc, une fois n’est pas coutume, passé un très bon moment avec ce roman japonais, qui m’a facilement entraînée dans l’ère Meiji, à la suite de ces filles de joie, à la fois respectées et considérées par une loi comme du bétail.

 

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