Frankenstein à Bagdad (Ahmed Saadawi)

Frankenstein

Date de publication originale / Dans cette édition : 2013 / 2016
Langue originale : Arabe (Irak)
Maison d’édition : Piranha
Nombre de pages : 371
Quatrième de couverture : « Dans le quartier de Batawin, à Bagdad, en ce printemps 2005, Hadi le chiffonnier récupère les fragments de corps abandonnés sur les lieux des attentats qui secouent la ville pour les coudre ensemble. Plus tard, il raconte à qui veut bien lui payer un verre qu’une âme errante a donné vie à cette mystérieuse créature, qui écume désormais les rues pour venger les innocents dont elle est constituée. »

A lire le titre et la quatrième de couverture de ce roman, l’on pourrait s’attendre à une réécriture bête et méchante du Frankenstein de Mary Shelley version contemporaine.

Mais il n’en est bien sûr rien, puisque le récit est ponctué tout d’abord d’une touche orientale très sympathique, autant dans la structure des chapitres que dans l’omniprésence de l’oralité au fil de ceux-ci (dialogues, personnages de conteurs…), ou encore dans l’apparition d’un fantastique bien particulier, pas forcément habituel chez nos écrivains européens.

Il est ponctué aussi, et surtout, d’une ambiance bien plus réaliste que le roman de l’auteure anglaise, puisque l’apparition du Trucmuche (c’est le nom de la créature à laquelle a donné vie, malgré lui, Hadi) se fait dans un contexte post guerre d’Irak, dans un pays en proie au chaos causé par la chute de Saddam Hussein donnant lieu à un conflit extrêmement violent entre plusieurs factions ennemies. Les attentats y sont légion, notamment à Bagdad, la capitale, expliquant cette possibilité de reconstruction d’un corps humain entier à partir de débris.  De cette façon, nous apprenons en filigrane certaines choses sur le fonctionnement de l’Irak dans cette situation. C’est, je dois dire, ce qui m’a le plus plu dans ce roman, ce mélange subtilement orchestré entre fantastique et réalisme qui permet de créer l’atmosphère propice au doute pour les personnages, et ainsi d’emmener le lecteur dans cette atmosphère, même s’il sait pertinemment qu’il est en train de lire de la fiction.

Une lecture somme toute agréable, même si inattendue – puisque je m’attendais à quelque chose de plus fantastique -, qui me donne envie de relire l’original, pour pouvoir comparer de manière plus pertinente.

 

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